Kama : Douce en effet est la folie quand elle nous berce de ses bras enjôleurs et nous console de sa voix tentatrice, nous faisant miroiter son royaume onirique pour mieux nous égarer...

Le Fou : Mais la folie seule peut nous pousser à nous dépasser de manière à ce que l'impossible devienne possible, mais aussi transformer l'immonde en magnifique... Tel est son tentant pouvoir mais gare au contrecoup...

Kama : Mais ce pouvoir qu'a la folie de transformer la réalité du quotidien en un étonnement permanent et de faire de la vie un grand jeu mérite ce contre-coup !

Le Fou :Tic tac, tic tac. Temps s'émousse, temps avance, temps te presse. folie douce, folie danse, folie progresse. Auras-tu le temps de bien discerner que si la limite est visible, la franchir est aisé ?

Kama : La limite est un fil d'argent, je suis le funambule... Et tourne et danse et vole ! Je navigue somnambule, entre folie et désir, je me joue du vide qui m'attire : les frontières sont mon empire. Et tourne et danse et vole...

Le Fou : D'aucun dirait : "Mais l'argent s'use, il se brise, il se vole ! Le funambule s'oublie ! Il picole ? Naviguer somnambule ? Quelle idée ridicule ! Entre folie et désir ? Mon pauvre ami... Silence ; soupir. Le vide se joue de toi ! Tu ne seras jamais que sa proie. Contre l'histoire tu ne peux lutter, chaque empire un jour est tombé."
Paroles et rires d'inconnus font qu'au fond je rigole. Car à la lecture de ceci mon âme crie et tonne. Que trois mots suffisent, et qu'aucun ne s'étonne. Que ces trois mots soient : "Et tourne, et danse, et vole..."